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Mes dernières lectures, coups de cœur ou déceptions, de la fantasy aux grands classiques.

Avides Lectures

Mes dernières lectures, coups de cœur ou déceptions, de la fantasy aux grands classiques.

[Jon COURTENAY GRIMWOOD] - Assassini, tome 1 : Lame damnée

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assassini1Titre vo : Assassini, book 1 : The fallen blade (2011)
Paru le  : 8 juillet 2011
Éditeur  : Bragelonne
ISBN  : 978-2-352-94487-4
Nb. de pages : 382
Prix constaté : 20€
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Résumé :
1407.
Venise est à son apogée. Le duc Marco est aux commandes... en théorie, car il est niais et son oncle et sa tante gouvernent à sa place. Ils règnent sur les mers, dictent les lois et semblent tout-puissants. Même s'ils craignent des assassins meilleurs que les leurs... Une nuit, tout bascule. La cousine du duc, qui devait être mariée de force, est enlevée par des pirates mamelouks. La guerre est inévitable.
Au même moment, Atilo, l'assassin en chef de Marco, tranche la gorge de sa dernière victime. Il s'apprête à rebrousser chemin, mais aperçoit un garçon penché sur le mourant, en train de boire à sa plaie. Il est beau comme un ange, d'une maigreur terrifiante, et la vitesse à laquelle il esquive un poignard et escalade un mur stupéfie Atilo. Le maître assassin sait qu'il doit à tout prix trouver le garçon.
Non pour le tuer, mais pour en faire son apprenti...

Ce que j’en ai pensé :
  Mmmm... je tergiverse, je repousse et je me tâte pour écrire cette chronique. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce roman n’a pas vraiment convaincu les quelques blogueurs qui ont l’ont chroniqué. J’ai donc entamé « Lame damnée » avec un petit a priori, et au sortir de cette lecture je peux comprendre pourquoi ce roman n’a pas reçu le succès escompté. Car là où le bat blesse, c’est que « Lame damnée » a un fort potentiel, c’est indéniable, mais qui n’est malheureusement pas exploité du tout. Mitigée ? Déçue ? Agacée ? Un peu tout ça...

  Premier constat, Bragelonne a décidé de le ranger dans sa collection Fantasy, mais au final, « Lame damnée » est plus fantastique qu’autre chose. Sorcières, loups-garous, vampires, autant de mythes qui sonnent plus comme paranormal à mes oreilles. Bon, Grimwood y mélange des assassins et un contexte historique, soit, mais le roman n’est pas pour autant Fantasy. Quand on mixe autant de choses, autant de figures classiques dans un ouvrage, on pourrait être en droit de s’attendre à un quelque chose d’explosif et de solide, mais le résultat est loin du compte. Trop de choses, trop d’idées et de thématiques diverses, qui ne font que compliquer et embrouiller la lecture qui devient vite fastidieuse. On a l’impression que l’auteur a voulu mixé un tas de stéréotypes fantastiques en les réinventant, mais que la marmite a trop bouilli et a fini par déborder. C’est confus, enchevêtré sans aucun ordre, et on se perd rapidement dans les multiples intrigues.

  Pourtant, et comme je l’ai mentionnée ci-dessus, il y a de l’idée, de la recherche et tous les bons ingrédients pour faire de ce « Lame damnée » quelque chose qui sort de l’ordinaire. On s’en la volonté de l’auteur de détourner le mythe du vampire pour le réinventer, mais il finit par manquer de cohérence. L’auteur a voulu employer des figures du folklore populaire comme les strigoi, mais leur utilisation tombe à plat et on s’embrouille dans les différentes particularités de chaque entité. Tycho, notre ersatz de vampire, n’est pas vraiment abouti, sa personnalité pas assez travaillée. On se moque un peu de ce qui lui arrive, même constat avec Guilietta, personnage féminin falot et qui se pose en victime. L’auteur aurait pu (et peut être a-t-il voulu) en faire des amants maudits, mais c’est raté. C’est d’ailleurs le cas de tous les personnages, qui manquent d’approfondissement et de flamboyance. Ils sonnent creux, ce que n’aide en rien le manque cruel de crédibilité des diverses intrigues politiques.

  La seule chose de 100 % réussie et soignée du roman, c’est l’ambiance particulière dégagée par la Venise de Grimwood. La ville avec ses canaux et son humidité latente (et poisseuse) est très bien restituée. Entre les détritus et la crasse des taudis, l’âme corrompue de la cité et de ses nobles se présente avec une netteté implacable, ça en est confondant ! Des nobles qui règnent avec cruauté sur les pauvres hères de la Cité qu’ils n’hésitent pas à sacrifier sans remords dans leurs nombreuses luttes de pouvoir et d’influence. Dommage que ces premiers manquent de charisme, le clash entre le régent et sa sœur aurait pu être le point culminant de l’intrigue.

  Enfin, l’intrigue est servie par une écriture bancale (problème de traduction ? défaut de l’auteur ?) qui nuit à la compréhension du récit. Les phrases semblent parfois ne pas vouloir dire grand-chose (j’ai souvent dû en relire certaines) et l’ensemble manque cruellement de structure. Bref, un pêle-mêle de bonne idées qui ne collent pas forcément ensemble. Dommage.

+++ Certaines scènes assez crus m’ont choqué, surtout la scène de viol au début du récit que j’ai eu du mal à digérer. Une bien mauvaise entrée en matière. D’ailleurs, les allusions sexuelles sont récurrentes et un peu dérangeantes, n’est pas George R. R. Martin qui veut.

Ma note : 2/5

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