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Mes dernières lectures, coups de cœur ou déceptions, de la fantasy aux grands classiques.

Avides Lectures

Mes dernières lectures, coups de cœur ou déceptions, de la fantasy aux grands classiques.

[Hikaru OKUIZUMI] - Le poisson-chat aux trois yeux

com

le-poisoon-chat-aux-3-yeux.jpgÉdition Actes Sud (156p)
Titre original : Mitsume no Namazu (1994)

Résumé :
Un jeune étudiant quitte Tokyo pour sa province natale, où il doit assister à l'inhumation de son père. Dans cet autre Japon, il retrouve ses souvenirs d'enfance plus ou moins idéalisés, et le récit de ses oncles, pour quelques jours réunis, l'autorise à recomposer l'image de son père. De nouveau sous l'emprise du système familial japonais, sans cesse bousculé entre la modernité, la réalité de son quotidien et la persistance des religions - qu'il s'agisse du bouddhisme ou du christianisme -, le jeune fils endeuillé se trouve confronté à l'envoûtante influence des vieilles coutumes mêlées de shintoïsme. Loin des villes, il doit peu à peu assumer son rôle, prendre sa place dans la famille, l'accepter, et plus encore s'inscrire, cette fois de façon définitive, dans le renoncement ou l'acceptation d'un héritage intellectuel, culturel et social. Avec ce roman, Hikaru Okuizumi achève probablement la composition d'un remarquable triptyque littéraire offrant au lecteur une image diffractée de l'homme japonais, et donc du Japon, contemporain, en s'appuyant sur ses trois facettes fondamentales la guerre, le sexe et - dans ce livre - le poids de l'héritage familial.

Ce que j’en ai pensé :
Satoru vient de perdre son père et se rend à ses funérailles, qui ont lieu à la maison familiale à la campagne. A partir de là, et du simple souvenir d’une phrase prononcée par son père « A ma mort, ne placez pas mes cendres dans notre tombeau, jetez-les donc plutôt dans la rivière. », le narrateur va être amené à se poser des questions sur la place qu’il occupe au sein de sa famille et sur l’enfance de son père.

 

  A travers les souvenirs contés, tel le fameux poissont-chat aux trois yeux pêché dans la rivière par son père, Satoru sera obligé de réfléchir au sens de sa vie, mais aussi à la religion et à son statut d’héritier de la fortune familiale. Le récit est très fluide et d’une construction habilement mené, on se laisse porter par ses réflexions et la description de ses paysages campagnards. Ici, tous les clichés propres au Japon sont bannis : la famille de Satoru n’est pas superstitieuse et son oncle est protestant (fait plutôt rare). Le héros s’interroge d’ailleurs sur le poids des traditions (familiales, bouddhiques) et sur le sens du devoir qu’elles incombent face à la modernité des grandes villes. C’est un roman tranquille sur le questionnement, sur la recherche de soi, ou tout simplement sur la vie…Tout à fait le genre de roman que j’affectionne.

En conclusion :
Un bon roman, court, qui nous fait passer un agréable moment. Le poisson-chat aux trois yeux est un récit tout simple, parfois poétique, qui donne à réfléchir sur les choses de la vie…et de la mort.

 


Verdict : Bonne pioche

4

 

Lu dans le cadre du Challenge « In The Mood For Japan » 2/12

Je vous mets quelques extraits que j’ai particulièrement apprécié :

« L’homme blesse autrui sans le savoir. Même s’il n’en a pas l’intention, même s’il est sincère, c’est toujours ce qui finit par se produire. »

« Je venais de découvrir la face cachée de moi-même. Ce à quoi on donne semble-t-il le nom d’ego, mais peu importe son nom, c’est en réalité une créature dangereuse. »

« Pourquoi éprouvait-on un sentiment d’intimité ou d’amour pour des gens avec lesquels on n’avait eu aucun contact et dont on ne connaissait même pas le visage ? »

« Mais une épouse discrète, belle et travailleuse n’était pas de ce monde, et quand bien même elle aurait existé, ce serait une rabat-joie, taiseuse à l’excès, morose, tirant orgueil de sa beauté, et travaillant ostensiblement pour en remontrer à son fainéant de mari; quant à nos enfants, tous voyous, ils abandonneraient leurs parents. » ß quel pessimiste ! Ça sent le vécu :D

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