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Mes dernières lectures, coups de cœur ou déceptions, de la fantasy aux grands classiques.

Avides Lectures

Mes dernières lectures, coups de cœur ou déceptions, de la fantasy aux grands classiques.

[Andrew O'HAGAN] - Sois près de moi

com

sois-près-de-moiTitre VO : Be near me(2006)

Poche paru le : 27 octobre 2011

Editeur : Points

ISBN  : 978-2-7578-2401-6

Nb. de pages : 352 pages

 

Résumé :

Le père Anderton, 57 ans, débarque d’Angleterre dans une petite ville ouvrière d’Ecosse, Dalgarnock.
Il est immédiatement rejeté par la population locale qui le voit comme un étranger. Il se lie cependant d’amitié avec deux jeunes de la région : Lisa et Mark. Seul repère de ces jeunes un brin paumés, il les sort de leur quotidien sinistre. Ce nouvel équilibre bascule le soir où le prêtre échange un baiser avec le jeune homme.


Ce que j'en ai pensé :

  Mon premier roman d’un auteur écossais, je crois, « Sois près de moi » est un roman un peu déstabilisant, pas tant dans son propos que dans sa prose, érudite, parfois, il faut bien avouer aussi, un peu pédante. Si je n’ai pas totalement adhéré au style d’Andrew O’Hagan, le roman n’en reste pas moins intéressant, surtout qu’il s’attaque à nombre de thèmes forts : alcool et drogue chez les ados, tabou de l’homosexualité, tolérance envers les religions et même abus sexuel envers mineur.

  Sur la première moitié du roman, l’auteur s’attache à décrire la vie quotidienne de David, prêtre irlandais exilé en Ecosse, dans une petite ville où les étrangers sont mal accueillis. Celui-ci a bien du mal à se faire accepter par la communauté, qui ne voit en lui qu’un gêneur, un « anglais ». Face à ce mur, le protagoniste perd de sa dévotion et préfère de loin les discussions intellectuelles et les joutes verbales qu’il se plait à échanger avec sa femme de ménage, Mrs Poole. Entre deux réminiscences de son enfance perdue, David finit par se lier d’amitié avec deux jeunes délurés, Mark et Lisa. Et là, c’est la spirale infernale qui commence. Les adolescences échangent des vulgarités, tiennent des propos extrêmes, tout en buvant et fumant plus que de raison…surtout quand on a 15 ans. Bizarrement, plutôt qu’être choqué, David se laisse entrainer par les deux ados, et leur offrent un œil complaisant. Il s’assimile à eux, les rejoint dans leurs beuveries, délaisse sa charge de prêtre. C’est une espèce de retour en arrière pour lui, une deuxième adolescence. Puis, tout bascule, le jour où il échange un baiser avec le jeune Mark…

  Andrew O’Hagan construit un roman complexe, cultivé, les conversations entre les divers personnages apportant autant de réflexions sur la guerre ou l’ostracisme, voire le sectarisme, le chômage et les tentations de la vie. « Sois près de moi » est un peu le cheminement intérieur du héros, il s’interroge sur sa vie, sur ce qui l’a amené à rentrer dans la prêtrise. Si la dévotion et la foi semble s’être perdus en cours de route, c’est un peu parce que celui-ci s’est engagé par dépit dans cette voie à la suite de la mort de son amant. Sur cette partie de sa vie, l’auteur ne s’attarde finalement pas beaucoup et j’avoue avoir été surprise car la 4ème de couverture semblant suggérer que c’était le propos même du roman. Il n’y a donc aucune allusion choquante dans le récit, et la scène du baiser échangé, bien que dévastateur pour David, n’est là que pour apporter une réflexion sur les limites à ne pas dépasser, sur les effets que peuvent avoir un geste malheureux. C‘est d’ailleurs plus révoltant de voir la haine des gens et le racisme dont ils font preuve envers les étrangers à la toute fin du roman.

  En bref, un roman intéressant et certes érudit, mais dont je n’ai pas adhéré à la prose, un peu trop élitiste à mon goût. Certains passages sont pourtant magnifiques, empreint de poésie, et le roman apporte de nombreuses réflexions sur les affres du quotidien et sur notre cheminement intérieur. Le dernier paragraphe est d’ailleurs sublime et résume à lui seul le propos du roman. Je vous laisse avec celui-ci :

« J’ai connu cet homme qui marcha jusqu’au pont de chemin de fer de la ville et regarda en direction du lieu où les gens vivaient dans leurs maisons. Il était différent de beaucoup de gens, mais jamais aussi différent de lui-même. En arrivant en haut du pont, il fut heureux d’observer qu’il n’était pas grand-chose, rien qu’une personne en quête de foi dans l’air froid de la nuit. […]. »

Verdict : Bonne pioche

pasmal

Lu dans le cadre d’un partenariat entre Libfly et les éditions Points, que je remercie.

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