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Mes dernières lectures, coups de cœur ou déceptions, de la fantasy aux grands classiques.

Avides Lectures

Mes dernières lectures, coups de cœur ou déceptions, de la fantasy aux grands classiques.

[Alison WONG] - Les amants papillons

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les-amants-papillons.jpg
Titre vo : As the earth turns silver (2010)
Broché paru le : 28 janvier 2010
Editeur: Liana Lévi
ISBN : 978-2-86746-521-5
Nb. de pages : 334
Prix constaté : 20€

 

 

Résumé :
"Ching Chong le Chinois. Né dans un bocal, baptisé dans une théière... " Tel est le méchant refrain que chantent les gamins de Wellington lorsqu'ils croisent Yung, le marchand de primeurs. Comme beaucoup de ses concitoyens, Yung a quitté pays et famille pour la Nouvelle Montagne d'Or - le nom plein de promesses que les immigrants donnent à la Nouvelle-Zélande en ce début de XXe siècle. C'est l'amour de Katherine, une jeune veuve, mère de deux enfants, qui l'aidera à surmonter ce racisme quotidien et à comprendre les moeurs des "diables blancs" britanniques. Mais dans cette société corsetée, une femme qui s'éprend d'un Chinois - "pire qu'un Juif, à peine mieux qu'un chien" - s'expose à tout perdre. Drame magistralement orchestré jusqu'au crescendo final, réflexion sur le racisme et l'émancipation des femmes, Les amants papillons porte son auteur au premier plan de la scène littéraire néo-zélandaise.

Ce que j’en ai pensé :
  Dans la Nouvelle Zélande du début du XXe siècle, nous suivons alternativement la vie de Katherine et Yung, deux êtres que tout devrait séparer mais qui sont finalement très semblables de part leur statut : ils ne valent rien. Lui est un émigré chinois, elle une mère au foyer. Il est méprisé par les néo-zélandais qui se moquent de lui, de ses vêtements, de ses cheveux…Elle est raillée et délaissée par son mari qui pense que les femmes ne valent rien, ou du moins qu’elles n’ont aucune intelligence…


  Entre 2 chapitres et le rapprochement inéluctable de ses deux êtres qui s’attirent, l’auteur en profite pour nous raconter la vie en Nouvelle-Zélande à cette époque-là. Racisme, ostracisme et violence impunie envers les émigrés, nombreux à l’époque : Chinois, Hindous, Syriens…Ceux-ci n’étaient pas considérés comme des Hommes mais plutôt comme « moins que des chiens ». La condition féminine n’était pas bien meilleure. Le statut de la femme était à l’échelle de celui de son mari, sans qui elle ne valait pas grand-chose. La plupart des filles n’avaient pas droit à l’éducation, qui était considéré « contre-nature ». Une femme qui se mariait avec un émigré Chinois par exemple, perdait sa citoyenneté britannique et elle pouvait être accusée de vagabondage et perdre ses enfants…D’ailleurs, la note de l’auteur à la fin du livre est particulièrement intéressante en ce qu’elle nous explique s’être inspiré du contexte et de faits véridiques de l’époque. Les Amants Papillons peuvent donc être classés dans le genre historique, ce qui donne du poids à l’œuvre.


  Dans la deuxième partie, l’auteur s’intéresse également à la vie des épouses restées en Chine dans l’attente de la bonne fortune de leur mari émigré. Époux qui « oubliaient » souvent de venir les récupérer, passées de nombreuses années. J’ai particulièrement apprécié cette partie du récit, très bien rendue avec l’histoire tragique de l’épouse de Yung restée au pays.


  Un petit mot sur le style de l’auteur, simple, avec quelques expressions empruntées au Chinois. J’ai trouvé l’enchaînement des chapitres un peu maladroit parfois, certaines chutes auraient méritées d’être un peu plus travaillées… Le tout manquait un peu de fluidité, rien de rédhibitoire cependant.

En conclusion :
Un bon roman avec un fond historique très intéressant. Parfois révoltant, Les amants papillons apportent une réflexion sur le racisme et la condition de la femme dans la Nouvelle-Zélande du début du XXe siècle. Mais surtout, c’est l’histoire tragique de deux amants qui finiront par se brûler les ailes. Rattrapés par la haine et le regard des autres, vaincus par l’incompréhension de leurs proches, quand la Terre se pare d’argent.


Verdict : Bonne pioche

pasmal

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